Refus d’assurance de prêt : des solutions existent
Le courrier est tombé. Après des semaines d’attente, votre demande d’assurance emprunteur est refusée. Le compromis court, la banque attend, et vous avez le sentiment que votre projet vient de s’effondrer.
Prenez le temps de lire ce qui suit avant de renoncer.
Un refus n’est pas une fin de parcours
C’est la réponse d’un assureur, à un instant donné, sur un dossier présenté d’une certaine façon. Un autre assureur, un dossier mieux construit, ou un dispositif que vous ne connaissiez pas peuvent changer complètement l’issue.
Voici les solutions, dans l’ordre où il faut les explorer.
En cas de refus d’assurance, 3 solutions
Avant d’agir, il faut savoir ce qui a été refusé, et pourquoi.
- Distinguez les trois réponses possibles.
Un refus ferme la porte. Un ajournement la reporte : l’assureur demande à réexaminer votre dossier dans quelques mois ou années, souvent le temps qu’une pathologie se stabilise. Une exclusion de garantie accepte la couverture mais écarte certains risques. Ces trois situations n’appellent pas les mêmes démarches.
- Demandez les motifs par écrit.
C’est un droit : vous pouvez solliciter du médecin de l’assureur les raisons médicales qui ont conduit à sa décision. Elles vous seront communiquées directement, ou au médecin de votre choix.
Ce document est précieux. Il vous dira si le refus tient à votre pathologie principale, à un examen manquant, ou à un élément mal interprété — et il orientera toute la suite.
- Le refus a-t-il vraiment eu lieu ?
Une vérification qui peut tout changer, et que presque personne ne fait.
Depuis le 1er juin 2022, aucun questionnaire de santé ne peut vous être demandé si deux conditions sont réunies simultanément : la part assurée sur l’encours cumulé de vos crédits ne dépasse pas 200 000 € par emprunteur, et le prêt est remboursé avant votre 60ᵉ anniversaire.
Si vous relevez de ce cadre, l’assureur n’avait pas le droit de vous interroger sur votre santé, ni de refuser sur ce fondement.
Et pour un couple, le plafond s’apprécie par emprunteur. Ajuster les quotités d’assurance peut faire basculer un dossier dans le champ de la dispense. Un prêt de 350 000 € réparti à parts égales place chaque emprunteur sous le seuil.
C’est le point que votre banque ne vous explique pas toujours. Lorsqu’une demande est refusée aux conditions standards, la convention AERAS impose un réexamen automatique, à trois niveaux successifs.
- Niveau 1 — l’examen ordinaire, celui qui vient de vous être refusé.
- Niveau 2 — un service médical spécialisé reprend le dossier, avec un questionnaire détaillé et d’éventuelles pièces complémentaires. Une proposition peut en sortir, assortie d’une surprime ou d’une exclusion.
- Niveau 3 — un pool de réassureurs réévalue votre situation avec ses propres critères, souvent différents. C’est fréquemment à ce stade que se débloquent des dossiers considérés comme perdus.
Ce passage d’un niveau à l’autre est automatique. Mais assurez-vous qu’il a bien eu lieu : demandez à votre interlocuteur à quel niveau votre dossier a été examiné. Un refus prononcé au niveau 1 n’est pas un refus AERAS.
Deux dispositifs peuvent rendre le refus caduc.
- Le droit à l’oubli. Si votre protocole thérapeutique est terminé depuis plus de cinq ans, sans rechute, vous n’avez plus à déclarer votre ancienne pathologie. Le dispositif couvre tous les cancers, toutes localisations confondues, ainsi que l’hépatite virale C. Ni surprime, ni exclusion, ni justification.
- La grille de référence AERAS. Pour les pathologies hors droit à l’oubli, elle liste maladie par maladie les conditions dans lesquelles l’assurance doit être accordée sans surprime, ou avec une majoration plafonnée. Elle couvre notamment le VIH, le diabète, l’hépatite B et diverses affections chroniques.
Elle est révisée régulièrement, et la liste s’élargit avec les progrès thérapeutiques. Une pathologie non couverte il y a trois ans peut y figurer aujourd’hui.
Voici ce qu’on oublie de vous dire quand votre banque vous annonce un refus : cet assureur n’est pas le seul du marché.
Chaque compagnie applique sa propre politique d’acceptation médicale. Certaines sont réputées sur les pathologies cardiaques, d’autres sur les antécédents oncologiques, d’autres encore sur le diabète ou les maladies auto-immunes. Un même dossier peut être refusé chez l’une et accepté sans surprime chez l’autre.
La loi Lemoine vous autorise à présenter une délégation d’assurance : un contrat souscrit ailleurs que chez votre banque, qu’elle doit accepter dès lors que les garanties sont équivalentes.
Frapper à la bonne porte, avec un dossier médical bien construit, change l’issue plus souvent qu’on ne l’imagine.
Les assureurs spécialisés, hors AERAS
Si vous dépassez les plafonds de la convention — plus de 420 000 € de part assurée, échéance après 71 ans — vous n’êtes pas pour autant sans solution.
Il existe un marché de niche d’assureurs et de courtiers spécialisés dans les risques aggravés, capables de construire des couvertures sur mesure : garanties adaptées, quotités ajustées, montages en plusieurs contrats.
C’est un univers mal connu, peu visible, et rarement accessible en direct.
Les garanties alternatives
Dernière voie, et sans doute la plus méconnue : l’assurance emprunteur n’est pas une obligation légale. C’est une exigence de la banque, qui cherche une garantie de remboursement.
Si aucune assurance n’est accessible, d’autres garanties peuvent être proposées à votre banque :
le nantissement d’un contrat d’assurance-vie, d’un portefeuille titres ou d’une épargne
l’hypothèque sur un autre bien immobilier vous appartenant
la caution d’un tiers solvable, ou d’un organisme spécialisé
Ces solutions supposent un patrimoine mobilisable et restent à la discrétion de la banque. Mais elles ont permis à des dossiers déclarés inassurables d’aboutir malgré tout.
Et si rien n’aboutit : la médiation
En cas de refus définitif, vous pouvez saisir la commission de médiation AERAS. Elle examine si la convention a été correctement appliquée à votre dossier.
La saisine est gratuite. Elle ne garantit pas une acceptation, mais elle permet de faire vérifier qu’aucune étape n’a été escamotée.
Faisons le point sur votre dossier
Un refus tient souvent à trois choses : le mauvais assureur, un dossier médical incomplet, ou un dispositif ignoré.
Nos courtiers travaillent quotidiennement sur les risques aggravés de santé. Nous analysons les motifs du refus, vérifions vos droits au titre de la convention AERAS et de la loi Lemoine, et présentons votre dossier aux compagnies les plus favorables à votre profil.
L’étude est gratuite et sans engagement.
