Emprunter avec une maladie génétique

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Mucoviscidose, drépanocytose, hémophilie, myopathies : la France recense environ 7 000 maladies rares, qui touchent plus de 3 millions de personnes, et près de 80 % d’entre elles sont d’origine génétique, selon le ministère de la Santé.

Emprunter avec une maladie génétique soulève une question que peu d’assureurs prennent le temps d’expliquer : que doit-on déclarer, et surtout, que n’a-t-on pas à déclarer ? Car sur ce terrain, la loi française vous protège plus que vous ne le pensez.

Maladie génétique et assurance emprunteur : ce que dit la loi

C’est un droit fort et largement méconnu : l’article L1141-1 du Code de la santé publique interdit aux assureurs tout recours aux tests génétiques dans le cadre d’un contrat couvrant le décès ou l’invalidité. Concrètement, trois interdictions s’imposent à eux :

Aucun test exigé

L’assureur ne peut pas vous demander de réaliser un test génétique avant de vous couvrir.

Aucune question posée

Aucune question sur des tests génétiques ou leurs résultats ne peut figurer au questionnaire.

Résultats inutilisables

Même transmis volontairement, les résultats d’un test génétique ne peuvent pas être pris en compte.

Ce que l’assureur évalue, c’est donc votre état de santé réel : une maladie diagnostiquée, ses symptômes, ses traitements, et pas votre patrimoine génétique.

Faut-il déclarer une maladie génétique ?

Tout dépend de votre situation face au questionnaire de santé. La ligne de partage est simple :

✓ À déclarer

Une maladie diagnostiquée et suivie médicalement : symptômes, traitements en cours, hospitalisations, arrêts de travail. Vous répondez alors précisément aux questions posées par le questionnaire, ni plus ni moins.

✗ Pas à déclarer

Une simple prédisposition révélée par un test génétique, sans maladie déclarée ni symptôme : elle n’a pas sa place dans le dossier, et la loi interdit à l’assureur de s’y intéresser. Être porteur sain n’est pas être malade.

Bon à savoir : l’étude médicale est réalisée dans le strict respect du secret médical. Seuls le médecin conseil de l’assureur et son service accèdent à vos informations de santé ; votre banque ne reçoit que la décision finale.

Mucoviscidose, drépanocytose, myopathies : chaque maladie a sa fiche

Chaque maladie génétique a ses propres critères d’étude, selon sa forme, sa sévérité et sa stabilité. Certaines figurent d’ailleurs dans la grille de référence AERAS, comme la mucoviscidose, avec des conditions d’assurance encadrées. Consultez la fiche correspondant à votre situation :

Hémophilie

Type A ou B, sévérité, traitements par facteurs de coagulation : ce que l’assureur évalue et comment présenter votre dossier.

Lire la fiche Hémophilie →

Diabète

Forte composante familiale, deux types très différents aux yeux des assureurs : équilibre glycémique, complications, garanties à surveiller.

Lire la fiche Diabète →

Mucoviscidose, drépanocytose, myopathies, maladie de Huntington : ces fiches sont en préparation. En attendant, contactez-nous, nous étudions ces dossiers tous les jours.

Questions fréquentes

Non, jamais. L’article L1141-1 du Code de la santé publique le lui interdit formellement : pas de test exigé, pas de question sur d’éventuels tests réalisés, et interdiction d’utiliser des résultats même si vous les transmettez de vous-même. L’évaluation ne peut porter que sur votre état de santé constaté : maladies diagnostiquées, symptômes, traitements.

Le questionnaire de santé porte en principe sur votre propre état de santé : vous n’avez à répondre qu’aux questions effectivement posées, avec précision, ni plus ni moins. Si vous n’êtes pas malade vous-même, la maladie d’un proche ne fait pas de vous une personne à risque aggravé au sens du contrat. Et aucun test génétique ne peut vous être demandé pour vérifier une éventuelle transmission.

Oui, dans de nombreux cas. La rareté d’une maladie ne signifie pas un refus : ce qui compte pour l’assureur, c’est son retentissement réel (stabilité, autonomie, activité professionnelle maintenue), bien plus que son nom. Des assureurs spécialisés étudient ces dossiers au cas par cas, et la convention AERAS prévoit jusqu’à trois niveaux d’examen pour les risques aggravés de santé.

Oui, comme à toutes les situations de santé. Si la part assurée de votre prêt ne dépasse pas 200 000 € et qu’il sera remboursé avant vos 60 ans, aucun questionnaire de santé ne peut vous être demandé : il n’y a donc tout simplement rien à déclarer. Notre page sur la loi Lemoine détaille ces seuils et le droit de changer d’assurance à tout moment.

Notre accompagnement

97 % de nos adhérents trouvent une solution d’assurance. Courtier spécialisé dans le risque aggravé de santé depuis 2015, Solidaires Assurances connaît les compagnies qui savent étudier les maladies rares et veille au respect de vos droits à chaque étape. L’étude est gratuite, confidentielle et sans engagement.